로그인Depuis que l’air est devenu irrespirable, les gens ne sortent plus de leur appartement. Les portes des immeubles sont scellées, tel l’entrejambe d’une chrétienne prémaritale. Alors Vincent, programmeur, occupe ses journées de lignes de code, de sandwichs lyophilisés et de porno sur le web. Sa vie est insipide. Jusqu’au jour où apparaît sur son écran un message gouvernemental. Roulements de tambours et musique à crissement, sa vie bascule. L’acharnement ubuesque qu’il a donné pendant tant d’années à maintenir sa vie dans la banalité la plus inintéressante vole alors en éclat. La prison le guette, les cyber-terroristes l’espionnent. C’est la merde. Dystopie drôle et crue, La Déréliction de la Chaussette trouée propose une réflexion cynique sur la génération Y au travers d’une société cyber dépendante.
더 보기RemerciementsIls sont nombreux à avoir modelé ma vie d’écrivain, tellement qu’il ne me serait jamais possible de tous les remercier. Pour autant, j’aimerais que ce roman soit dédié à quatre femmes, quatre femmes qui, chacune leur tour, ont fait virer ma vie de bord.À Madame Michalet-Ferrier, qui a créé en moi une aspiration gutturale à partager ma sensibilité, en lisant à mes quinze ans un de mes textes en public, pour la première fois.À Manon, qui a fait naître en moi la volonté anaphylactique de comprendre les gens au plus intime qui rythme aujourd’hui mes écrits.À Madame Grenier, qui m’a donné la conviction impavide que quelqu’un, quelque part, serait un jour touché par mes lignes.À Justine, qui m’a apporté la confiance quotidienne de porter mes mots jusqu’au bout.Puisse chacune d’entre vous trouver en ces mots la sensibilité brûlante de l’écrivain que vous avez aujourd’hui créé.
29Vincent était sonné. Le bruit l’avait assourdi, et la peur avait paralysé ses muscles. Il ne ressentait plus rien. Il était au sol, c’était sa certitude. Une part de lui aurait aimé garder cette ataraxie, cette absence totale de ressenti qui lui laissait espérer un chemin, entre la vie et la mort.Mais peu à peu, son corps reprit le dessus. Il sentit une douleur, sur les flancs. Une douleur répartie. Un poids. Quelqu’un sur lui. Une douleur de chute.Ambre était allongée sur lui. Merde. Pas de sang au sol. Pas de sang sur lui. Pas de sang visible sur elle.—Am… Ambre? murmura-t-il.—On ne s’est pas engagés pour ça, susurra-elle.Elle se releva, péniblement, et fit face à Lucas. La balle avait percé le mur derrière eux d’un petit cratère, duquel avait volé des fragments de métal encore chauds.—ON S’EST PAS ENGAGÉS POUR ÇA! répéta-t-elle en hurlant.Dans la colère, elle était sauvage. Belle, décidée.—On s’est rassemblés pour protéger les
28Vincent referma en vitesse la porte de l’abattoir.C’était, pour le moins, impromptu. Dans le groupe de révolutionnaires qui lui faisait face, tous le regardaient. Ils étaient encerclés, ils n’avaient aucun moyen de sortir. Ils s’étaient fait prendre.—Qu’est-ce qu’on va faire? demanda Vincent.—OK, posons-nous, dit Mélanie. Réfléchissons. Il doit y avoir un moyen de sortir d’ici.—Il y a le toit, dit Lucas en se levant et courant vers la porte.Il bouscula les meubles devant les deux battants. C’était cependant, et tout le monde le savait, désespéré. Quand bien même le groupe se réfugierait sur le toit, ils ne pourraient tenir un siège de la milice: ils n’avaient ni nourriture ni armes. Enfin, si, une arme. Celle de Lucas. Il courut vers l’échelle, et grimpa les échelons. Il commençait à ouvrir l’une des fenêtres, lorsque retentit une voix au travers de la porte:—Je ne vous veux aucun mal, dit le Duc avec calme. J’aimerais seulement
27De part et d’autre du hangar pendaient chaînes et crochets; c’était un entrepôt métallique, un abattoir désaffecté au plafond haut et percé de lanterneaux pyramidaux, où les gémissements de Matthieu résonnaient comme le fantôme de ceux des milliers d’animaux passés ici avant lui.Lucas s’affairait autour de Matthieu, déchirant les vêtements autour de sa jambe blessée, pansant comme il pouvait le trou sanguinolent. Vincent était agenouillé près d’eux, inutile. Les choses s’étaient toutes déroulées tellement vite qu’il avait toujours du mal à réaliser ce qui arrivait. Matthieu hurlait par moments. La balle semblait être ressortie, mais ni Lucas ni Vincent ne savaient si c’était une bonne chose. Dans les films, c’en était une, mais bon Dieu, tout ce sang, tout ce sang qui coulait.Mélanie se tenait près d’eux, soucieuse. Bien qu’elle n’intervint pas sur Matthieu, elle semblait impliquée, torturée de ne pouvoir l’aider. Il en avait ouvertement besoin, et pourtant, elle ne bouge





